26 janvier 2006 | Robson, Dj d’origine brésilienne, vivant en France depuis 4 ans et pacsé à un Français, a été expulsé précipitamment par la préfecture du Rhône le 10 janvier dernier.
C’est dans la confusion et la précipitation la plus totale que Robson Vicente a été reconduit au Brésil par la police des frontières, alors qu’il était à son domicile et celui de son compagnon avec lequel il était pacsé depuis 2005.
Ainsi, ni ses amis, ni sa famille vivant en France, ni son compagnon, n’auront le temps de lui dire au revoir et de lui donner ses effets personnels avant son embarquement.
C’est avec comme tout bagage : une brosse à dents, son téléphone portable et 20 euros en poche, sans documents brésiliens ni le moindre vêtement de rechange, qu’il arrive à Rio de Janeiro.
Depuis, Robson vit chez sa mère dans une favela de Rio et tente de survivre tout en cachant son homosexualité. Le Brésil étant un pays particulièrement homophobe.
Aujourd’hui, Philippe, son compagnon tente de faire reconnaître cette situation administrative délirante et se bat pour le retour de son concubin.
En effet, tout ceci est le résultat d’un un casse-tête administratif : suite à un contrôle d’identité le 16 mai 2005 à la sortie d’une discothèque de Lyon, Robson Vicente, n’ayant pas de titre de séjour en règle [1], est envoyé une première fois en centre de rétention administrative à l’aéroport Saint-Exupéry. Le préfet ordonne son expulsion. Cependant, le tribunal administratif de Lyon annule la décision de reconduite à la frontière. Cette décision violant l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cet article protège le respect de la vie privée et familiale du requérant. La vie commune de Philippe et Robson permet ainsi à ce dernier de bénéficier d’un sursis.
Le Tribunal administratif de Lyon délivre un titre provisoire de séjour, renouvelé une fois, et Philippe et Robson se pacsent après deux ans de vie commune.
Mais la préfecture ayant fait appel de cette décision, le 23 novembre, la cour administrative d’appel annule le jugement de première instance, suivant les arguments de la préfecture pour qui « aucune communauté de vie avec l’ami avec lequel il se prévaut d’un projet de Pacs n’est avérée ni même allégué ».
Philippe et Robson envisagent alors la possibilité d’un recours devant le Conseil d’État afin de prouver leur vie commune et sont rassurés par les propos de leur avocate qui leur assure que « personne ne viendra les arrêter ».
La volonté des préfectures de faire du chiffre en matière de reconduite à la frontière semblent pourtant l’avoir emportée... puisque le 9 au matin, Robson est arrêté pour une « audition » et reconduit à la frontière, moins de 48 h après.
Si le Pacs avec un ressortissant français n’empêche pas d’être renvoyé du territoire français, une circulaire du ministère de l’Intérieur appelle les préfectures à délivrer des titres de séjour aux homos étrangers sans-papiers qui peuvent prouver d’un an de vie commune avec leur compagnon, qu’ils se soient ou non pacsés. Il semblerait que dans ce cas, la préfecture ait fait fi de tout cela, s’appuyant sur le manque d’information et soutien dans lesquels se trouvaient Philippe et Robson.
Le moyen le plus percutant pour sensibiliser la population, est bien sûr de passer par vous, les journalistes, vous qui pourriez nous aider à rétablir cette situation injuste en diffusant ce communiqué. Nous appelons donc toutes les personnes voulant aider Robson à se connecter sur le blog de Philippe et à signer la pétition pour le rapatriement de Robson.
[1] Il faut savoir que les Brésiliens n’ont pas besoin de Visa pour entrer en France. Leur passeport suffit, et ils bénéficient automatiquement d’un visa touristique de 6 mois reconductible autant de fois qu’ils le souhaitent, dans la mesure où ils retournent dans leur pays d’origine au moins une fois tous les 6 mois